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Groupe Contre l'Horreur Olympique et Sportive

analyse de l'institution sportive & critique du capitalisme

Le handball, suivant en cela la même logique spectaculaire que d'autres sports (sponsoring, vedettariat, capitalisation, montée aux extrêmes physiques, etc), doit dorénavant conjoindre le mythe de sport-idéal porteur de valeurs avec sa réalité sordide si banale dans le sport de compétition.

Le scandale qui vient de Montpellier n'en est un que pour les croyants de la religion sportive. Pour l'instant, nous n'entendons pas encore parler de dopage, dans le handball... Là comme ailleurs, malgré l'appel de Karabatic qui suspend le jugement du tribunal de Montpellier, c'est magouille et compagnie, petits arrangements entre amis et tout-pour-le-fric.

L'Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS) qui représente en France le « sport scolaire » des établissements de l'enseignement secondaire, semblait bien fier d'arborer en « une » de son site internet [unss(point)org] le portrait de l'ex-vedette du club de Montpellier, avant la révélation du scandale. La direction nationale de cette union ne voit aucune contradiction à maintenir une telle effigie ambassadrice même si désormais elle est noyée dans la série « nos ambassadeurs ». Mais peut-être qu'une fois l'escroquerie avérée, les bureaucrates de cette organisation changeront-ils d'avis.

A noter aussi que ce scandale a été connu bien avant les Jeux olympiques de Londres (août 2012) mais que, sans doute pour ne pas « gâcher la fête », les journalistes patriotards ont censuré l'information au moment où ils l'ont eue.

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AFP Doc
Vendredi 10 juillet 2015 - 14:01:06 GMT

Hand: Nikola Karabatic reconnu coupable d'escroquerie, condamné à 10.000 EUR d'amendes

Montpellier (AFP) - Nikola Karabatic a été reconnu coupable d'escroquerie et condamné à 10.000 euros d'amende par le tribunal de Montpellier, où il était jugé pour escroquerie dans l'affaire des paris suspects liés au match présumé truqué de mai 2012 entre Cesson et Montpellier.

Trois mois de prison avec sursis et une amende de 30.000 euros avaient été requis contre l'ancien joueur du FC Barcelone, qui a toujours nié avoir parié.

Aucune peine de prison n'a été prononcée contre les 16 mis en examen — dont 7 joueurs — qui ont tous été reconnus coupable d'escroquerie ou de complicité d'escroquerie.

Les avocats de Nikola Karabatic, comme la quasi-totalité des avocats, ont annoncé leur intention d'interjeter appel.

"Les éléments de la procédure démontrent que Nikola Karabatic était en relation avec les autres membres de l'équipe contrairement à ce qu'il soutient (...) Et que s'il n'a pas joué, il a participé au jeu introduit par sa compagne", écrit le tribunal dans son jugement.

Des amendes de 1.500 à 30.000 euros ont été prononcées contre les prévenus. Ainsi Mladen Bojinovic s'est vu infliger la somme la plus forte soit 30.000 euros alors que Luka Karabatic a été condamné à 15.000 euros d'amende, Primoz Prost, Samuel Honrubia, Issam Tej et Dragan Gagic à 10.000 euros et enfin Mickaël Robin à 5.000 euros.

Lors du procès en juin, le procureur de la République, Patrick Desjardins, avait dénoncé une "tricherie en équipe" et requis des peines des peines de prison 3 mois à 6 mois ainsi que des amendes entre 7.500 et 80.000 euros d'amende.

Au final, la cour a seulement été plus sévère pour Géraldine Pillet et Jennifer Priez, les compagnes de Nikola et Luka Karabatic, dont l'attitude désinvolte voire insolente à la barre avait été critiquée.

Le procureur avait demandé 7.500 euros d'amende contre les deux filles mais le tribunal leur a infligé la somme de 10.000 euros.

Les paris sur le score en faveur de Cesson à la mi-temps de ce match le 12 mai 2012 devait rapporter quelque 300.000 euros de gains, au détriment de la Française des jeux (FDJ).

Dans son jugement, le tribunal a accepté la constitution de partie civile de la FDJ qui a obtenu le remboursement des gains récupérés par les parieurs, soit un peu moins de 200.000 euros.

En revanche, la constitution de partie civile du club qui avait réclamé plus de 1,2 millions d'euros a été déclarée irrecevable.

"L'anormalité manifeste des paris engagés par les joueurs (...), leur synchronisation (...) sont autant d'éléments concordants qui ne permettent pas d'envisager au delà du doute raisonnable, que les prévenus aient pu engager les paris litigieux sans se concerter (...)", a noté le tribunal.

"Il n'est pas raisonnablement soutenable" que les joueurs, des "professionnels du plus haut niveau" aient "pu donner le maximum de leurs capacités physique et sportives" sachant qu'il y a des sommes importantes jouées sur leur propre défaite, a ajouté le tribunal, relevant que c'est "précisément un défaut d'engagement global de l'équipe qui est mis en avant par l'enquête et les débats".


Handball : des joueurs de Montpellier soupçonnés d'avoir truqué un match

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 26.09.2012 à 08h06 • Mis à jour le 26.09.2012 à 16h09

Une information judiciaire est en cours à Montpellier sur le match de première division de handball remporté le 12 mai par Cesson-Sévigné devant le champion de France, Montpellier (31-28), a indiqué mardi 25 septembre une source judiciaire, confirmant une information de France 3 Languedoc-Roussillon.

Des joueurs de l'équipe montpelliéraine, dont certains évoluent avec l'équipe de France, mais aussi des proches de certains de ces joueurs devraient être convoqués par les enquêteurs de la police judiciaire de Montpellier, a précisé une source proche du dossier. Des joueurs qui ont déjà été entendus cet été après l'ouverture de l'enquête préliminaire, qui portait sur des "paris anormaux" avec "des montants quatre ou cinq fois supérieurs à ce qu'on pouvait attendre" pour un tel match. Selon les informations de France 3 Languedoc-Roussillon, 5 000 euros environ auraient été joués dans plusieurs bureaux de tabac par les dix personnes soupçonnées, pour un gain total de 200 000 euros.

ÉLÉMENTS INHABITUELS SUR LE MONTANT DES PARIS

Interrogée mardi soir, la Française des jeux (FDJ) a rappelé qu'elle avait suspendu les paris sur ce match à la suite "d'éléments inhabituels enregistrés sur le montant des paris et en avait informé les autorités, comme le prévoient ses obligations de vigilance et de précaution". La FDJ s'est refusée à tout autre commentaire.

Selon une autre source proche du dossier, la FDJ a enregistré des mises importantes à la mi-temps du match prévoyant la défaite du Montpellier Agglomération Handball (MAHB), qui était déjà assuré d'être champion, face à Cesson, alors 8e du championnat et luttant pour son maintien. Le MAHB était diminué ce jour-là par l'absence de cinq joueurs majeurs (Nikola et Luka Karabatic, Mladen Bojinovic, Vid Kavticnik et Samuel Honrubia, tous blessés), faisant que le résultat ne constituait pas une sensation en soi. Aucun autre opérateur n'avait enregistré de paris anormaux.

DES ÉPOUSES DE JOUEURS MISENT SUR LA DÉFAITE

Selon France 3 Languedoc-Roussillon, "le SRPJ [Service régional de police judiciaire] de Montpellier a découvert que des épouses ou concubines de joueurs et de membres de l'environnement du club ont joué Montpellier perdant dans trois bureaux de tabac, l'un dans la région parisienne, l'autre en Bretagne et le dernier près de Montpellier". L'information n'a pas pu être confirmée de source policière. "Je viens d'avoir Niko [Karabatic] au téléphone, il n'était pas au courant. Il pensait que cette histoire était terminée. Les joueurs n'ont jamais été entendus sur cette affaire et, à ce que j'en sais, personne n'a été convoqué", a déclaré Bhakti Ong, l'agent de la star de l'équipe de France.

"Je suis dubitatif, on n'aurait jamais pu imaginer cela. Pour l'instant, il faut laisser l'enquête se dérouler, la présomption d'innocence s'applique à tous, il faut la respecter", a expliqué Joël Abati, ancien joueur de Montpellier et de l'équipe de France, chargé des sports à la Région Languedoc-Roussillon. "Si c'est avéré, c'est le handball français qui est touché, mais il faut attendre avant de se prononcer. Vous savez, il peut se passer beaucoup de choses dans le sport, on peut aussi être influencé par des personnes en dehors du club, dans l'environnement des joueurs, tout peut arriver." Patrick Vignal, adjoint au maire de Montpellier en charge des sports, reste incrédule. "Je ne peux pas imaginer qu'il y ait des handballeurs montpelliérains qui puissent devenir des êtres non fréquentables", a-t-il déclaré. "Je ne peux pas croire qu'ils aient changé au point d'être des ripoux."

"PERSONNE N'A RIEN VU DURANT LE MATCH"

Le président du club de Cesson-Sévigné (devenu Cesson-Rennes), Philippe Barberet, a également fait part de son étonnement. "Personne n'a rien vu durant le match, personne ne pouvait se douter de quoi que ce soit. Je suis vraiment abasourdi par cette histoire. Je ne comprends pas", a-t-il dit sur RTL.

"Nous avions reçu dès le lendemain du match en question des appels de journalistes nous faisant état de soupçons de match truqué", a ensuite précisé M. Barberet au Monde.fr. "Puis nous avons été entendu par le SRPJ pendant 3 heures en août. Le hand avait une bonne image, cette affaire est une atteinte à ses valeurs, et préjudiciable pour tout le monde", a expliqué M. Barberet, insistant également sur le fait qu'aucun joueur de Cesson-Sévigné n'était impliqué.

"Je pense sincèrement que la victoire était méritée sur ce match", a réagi l'entraineur du club breton, David Christmann, également entendu par la SRPJ en août. "Pour un connaisseur du handball, on pouvait imaginer que Cesson pouvait gagner cette rencontre compte tenu des nombreux absents du côté de Montpellier. Je pense que le doute porte plutôt sur ces joueurs absents...", a-t-il continué. "La justice fera son boulot. Cela ne va pas mettre le hand dans la lumière, c'est dramatique pour notre sport, notre image, et cette affaire nous a déjà été préjudiciable. En mai, un sponsor était venu assister au match, prêt à s'engager avec nous. Quand les infos sur ces soupçons sont sorties après la rencontre, il s'est désisté."

LE "MAHB" PARTIE CIVILE

Le président du MAHB, Rémy Lévy, a réagi mercredi par le biais d'un communiqué de presse. "Aucune des informations données n'est vérifiable et portée à la connaissance du club dans la mesure où il s'agit d'une simple enquête préliminaire, au demeurant couverte par le secret, et qu'il est dès lors parfaitement déloyal de communiquer sur des faits non établis dans le cadre d'une procédure contradictoire, ce qui rend impossible tout débat équitable sur ce type d'informations", écrit M. Lévy, lequel a par ailleurs confirmé qu'il avait été entendu, comme son entraineur Patrice Canayer, par la SRPJ en août. "Il appartiendra à l'information judiciaire, dont je ne sais si elle est ouverte à ce jour, de procéder de façon contradictoire et dans le respect des droits de la défense et de la présomption d'innocence. Mais tous les joueurs du club sont bien sûr au courant de la réglementation sur les paris sportifs et sur la stricte interdiction qui leur est faite d'y participer, de quelque manière que ce soit."

"Le MAHB tient à protester vigoureusement sur les allégations d'implication du club dans le résultat du match et l'amalgame inadmissible qui est fait entre l'éventuel non respect par des joueurs d'une réglementation sur les paris et la suspicion d'arrangement du résultat au profit du club de Cesson-Rennes", explique le président du club héraultais, qui ajoute que le MAHB va "se constituer partie civile dans le cadre de l'information ouverte".

Injoignables mardi, les joueurs de Montpellier sont partis le jour même à Flensburg en Allemagne pour disputer leur premier match de la saison en Ligue des champions. Ils seront de retour à Paris vendredi, où ils doivent rester jusqu'à dimanche pour le grand choc contre le Paris Saint-Germain. La Ligue nationale et la Fédération française de handball ont rappelé dans un communiqué commun leur vigilance en matière de paris sportifs mais disent ne pas disposer dans ce dossier d'autres informations que celles diffusées par la presse. "A ce stade et dans ces conditions, en l'absence d'éléments précis sur la nature des faits reprochés et les personnes incriminées, il est prématuré d'évoquer d'éventuelles suites disciplinaires." Elles ajoutent qu'elles prendront leurs responsabilités le moment venu pour "traiter avec la plus grande fermeté les infractions qui auraient été caractérisées".